Le plastique

Pourquoi le plastique pose un problème majeur

Le sac plastique de caisse paraît anodin, mais il raconte une histoire qui dure bien plus longtemps que nos quelques minutes d’usage. Les tortues marines confondent les sachets qui flottent avec des méduses, les avalent et meurent asphyxiées. Les sacs abandonnés dans les rues se retrouvent dans les réseaux d’eaux pluviales, bouchent les canaux comme cela s’est produit à Dhaka au Bangladesh, aggravent les inondations et finissent souvent en mer.

La plupart des sacs de caisse sont fabriqués en polyéthylène issu du pétrole. Ce matériau est apparu dans les années 1930 et s’est généralisé dans la grande distribution dans les années 1970. Sa durée de vie dans l’environnement se compte en dizaines d’années, souvent bien plus d’un siècle, sous forme de fragments de plus en plus petits. Un sac que l’on utilise quelques minutes peut ainsi persister plus longtemps qu’une vie humaine, se fragmenter en microplastiques, être ingéré par les poissons, les oiseaux marins et remonter toute la chaîne alimentaire jusqu’à nos assiettes.

Avant les interdictions et restrictions actuelles, la consommation de sacs plastiques à usage unique atteignait des sommets. En France, on parlait de plusieurs milliards de sacs distribués chaque année. À l’échelle mondiale, on estime à plusieurs centaines de milliards le nombre de sacs consommés chaque année, avec un taux de recyclage très faible. Une partie seulement est incinérée ou enfouie, le reste finit dans les rivières, les océans ou les paysages. Par ailleurs, l’incinération des plastiques mal contrôlée dégage des fumées et des substances toxiques comme les dioxines et certains composés chlorés.

Interdictions, réductions et alternatives aux sacs plastiques

Face à cette pollution diffuse mais massive, la France et l’Union européenne ont progressivement restreint l’usage des sacs plastiques et des plastiques jetables. Les sacs plastiques de caisse à usage unique, distribués gratuitement dans les supermarchés, ont été interdits. Les commerces doivent désormais proposer des sacs réutilisables, des cabas, des sacs en papier ou des alternatives plus durables. D’autres objets à usage unique en plastique sont également visés, comme certains couverts, pailles, touillettes, assiettes, gobelets ou cotons-tiges, afin de réduire la quantité de déchets qui se retrouvent dans la nature.

Les collectivités locales s’attaquent aussi au problème. Certaines régions ou îles ont annoncé leur volonté de limiter fortement ou de bannir les sacs plastiques dans les commerces, notamment dans les zones littorales où la pollution visuelle et les impacts sur les écosystèmes marins sont particulièrement visibles. Le cas de la Corse, où l’on évoque des dizaines de millions de sacs consommés chaque année, illustre bien l’impact que peut avoir un geste répétitif au quotidien sur un territoire limité.

Ces mesures réglementaires ont un objectif double. Elles cherchent d’abord à diminuer à la source la quantité de déchets plastiques qui circulent dans l’environnement et dans les filières de traitement. Elles encouragent également l’adoption d’habitudes plus sobres, avec le retour du cabas, du sac réutilisable, du filet ou du panier. À chaque passage en caisse sans sac jetable, c’est un déchet de moins qui risque de finir dans un fossé, un cours d’eau ou un océan.

Gérer le plastique au quotidien et limiter son impact

Réduire l’impact du plastique commence par la réduction des usages superflus. Il est possible d’éviter les sacs à usage unique en apportant systématiquement un sac réutilisable, un tote bag ou un cabas pliable dans son sac à main ou son sac à dos. Il est également possible de refuser les sachets proposés automatiquement, par exemple chez le boulanger ou le primeur, et de regrouper ses achats dans un seul sac solide. Lorsque l’on ne peut pas éviter le plastique, il reste important de le réutiliser autant que possible, puis de le trier afin qu’il soit recyclé lorsque la filière locale le permet.

Le plastique ne se limite pas aux sacs de caisse. Il se cache dans les bouteilles d’eau, les films alimentaires, les barquettes, les emballages multiples, les jouets, le textile synthétique et une multitude d’objets du quotidien. Réduire le plastique passe par le choix de produits moins emballés, l’achat en vrac quand c’est possible, l’usage de gourdes plutôt que de bouteilles jetables et la préférence pour des matériaux durables comme le verre, le métal ou certains biomatériaux. Chaque achat est un signal envoyé aux fabricants et à la distribution sur les emballages que les consommateurs acceptent ou refusent.

Le tri sélectif reste un réflexe indispensable, mais il ne règle pas tout. Une partie seulement du plastique est effectivement recyclée, car tous les polymères ne se recyclent pas de la même manière et les filières n’acceptent pas tous les formats. Le meilleur déchet plastique reste donc celui qui n’est jamais produit. Réduire, réutiliser et seulement ensuite recycler constitue la progression la plus cohérente. Lorsque des déchets plastiques échappent au tri et se retrouvent dans la nature, il est préférable de les ramasser lors d’une promenade ou d’un passage sur la plage, plutôt que de les laisser rejoindre les cours d’eau puis la mer.

Vers une consommation plus responsable et moins dépendante du plastique

Le plastique a longtemps symbolisé la modernité, la praticité et le faible coût. Aujourd’hui, son omniprésence et sa persistance dans l’environnement en font un marqueur de nos excès. En diminuant notre dépendance au plastique à usage unique, en privilégiant les objets durables, réparables et réutilisables, il devient possible de conserver le confort moderne tout en réduisant nettement les impacts sur les océans, la faune et les paysages.

Choisir de refuser un sac plastique, de venir avec ses propres contenants, de préférer une gourde à une bouteille, de soutenir les commerces qui réduisent leurs emballages, ce sont des gestes simples qui s’additionnent à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’un pays. Le sac en polyéthylène a été inventé il y a moins d’un siècle, mais il pourrait marquer l’environnement pendant encore des centaines d’années. Inversement, une habitude plus sobre peut s’installer en quelques semaines seulement. La marge de manœuvre est entre les mains de chacun.